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2. Quel tracé ?

2. Quel tracé ?

2. Quel tracé ?.

L’établissement du tracé de la ligne ne sera pas chose facile. Dans un premier temps, la ligne reliant Le Bouveret à St-Maurice devait passer par Vouvry et Massongex en évitant Vionnaz, Muraz, Collombey et Monthey en raison, selon les ingénieurs, de la forte rampe allant de Collombey à Monthey.

Mais les représentants de Monthey n’acceptèrent pas cette décision et, à l’issue de longues discussions, il fut décidé que la ligne passerait finalement par ce qui deviendra la gare de Monthey.
L’arrivée de la ligne du Tonkin eut comme effet secondaire l’augmentation de la valeur des terrains par où elle devait passer et le besoin en main d’œuvre permit à de nombreux habitants de la région de trouver un travail. Les entrepreneurs furent même obligés de faire appel à des détenus pour renforcer les équipes d’ouvriers.

En raison de l’importance des travaux d’aménagement, les entrepreneurs seront obligés de ne pas respecter le repos dominical, ce qui entrainera des frictions avec les représentants religieux. Mais l’intervention de l’évêque de Sion, autorisant le travail le dimanche sous certaines conditions pour une année, débloquera la situation. Les travaux se poursuivent et, pour permettre la poursuite de la construction de la ligne vers Sion, un tunnel est percé à St-Maurice entre 1857 et 1858.

Plus ennuyeux, l’absence d’autres réseaux ferrés dans la région obligera les responsables du projet à amener les véhicules et les matériaux nécessaires par bateau au Bouveret. Et c’est en 1859 que les premiers essais d’une locomotive seront effectués entre Le Bouveret et Vouvry. La ligne Bouveret - Martigny a été mise en exploitation commerciale le 14 juillet 1859 par la Ligne d'Italie, avec trois paires de trains par jour sans inauguration officielle. Faut-il en chercher la cause dans les nombreuses plaintes sur le tracé de la ligne, l'absence de gares et la mauvaise correspondance avec les bateaux ? Mais il faudra attendre 1886 pour que la ligne Evian-Le Bouveret soit officiellement ouverte à l’exploitation.

Le confort des wagons n’était pas aussi poussé que dans les trains actuels puisqu’un article de la Gazette du Valais daté du 19 septembre 1894 signale l’utilisation de fourgons à bestiaux pour les voyageurs de la ligne St-Maurice-Le Bouveret en raison d’une correspondance manquée. Il est également noté par le rédacteur que les touristes anglais présents ce jour-là dans le train n’apprécièrent pas beaucoup cette manière de voyager alors que les wagons à bestiaux étaient propres et ne sentaient pas mauvais.